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Nâdi Shodhana - La purifiante
(Daniel Pineault - Yoga Mondô - Decembre 2008
)

Le yoga vise la purification du corps, du souffle et du mental pour accéder à une conscience claire grâce à laquelle nous voyons qui nous sommes réellement. Parmi les outils du pranayama Nâdi-Shodhana est sans doute la plus puissante des techniques de purification respiratoire, on l'appelle aussi Raja Pranayama - le Pranayama Royal. C'est la méthode par excellence pour purifier (Shodhana) les canaux subtils (Nâdis) qui transportent l'énergie partout dans le corps. Composée de respirations par narines alternées, elle est d'avantage appréciée par ceux qui connaissent le modèle des centres d'énergie (chakra) du corps humain.

Les nâdis sont des canaux subtils possédant des terminaisons dans les narines, portes d'entrée de l'air physique mais aussi de la sensation de fraîcheur et de bien-être reliée à une bonne respiration. En respirant efficacement, l'air qui circule dans les zones hautes des fosses nasales envoient aux nerfs olfactifs situés à la base du cerveau un signal apaisant que tout va bien. En un mot « ça respire, il n'y a pas de quoi s'inquiéter ». Cette sensation d'énergie respiratoire qui pénètre profondément dans le corps c'est exactement ce qu'on cherche à produire par Nadi Shodhana. La respiration alternée des deux narines débarrasse les Nâdis des impuretés subtiles et produit une expérience respiratoire équilibrée et harmonieuse des deux côtés, à gauche dans Ida Nadi apparentée aux qualités lunaires et à droite dans Pingala Nadi apparentée à l'aspect solaire de la nature.

La technique utilise la méthode de blocage des narines Mrghi Mudra et s'amorce sur une expiration par la narine gauche, suivi d'une inspiration narine gauche, ensuite expiration par la narine droite, et finalement on inspire par la narine droite. Le seul son respiratoire audible est celui du souffle sortant par le bout des narines. Il est à noter que Ujjayi, le son dans la gorge n'est jamais utilisé dans Nâdi Shodhana.

Les nombres: Une cycle complet équivaut à deux respirations. En complétant douze cycles (vingt-quatre respirations) on ressent certainement les bénéfices de ce pranayama. La technique se combine bien aux rythmes samavritti où les phases actives de la respiration sont de durée égale, par exemple de 8 secondes autant sur l'inspiration que l'expiration. La technique produit une grande conscience respiratoire, le souffle devient long et subtil (dirgha et suksma - Yoga Sutra II. 50) dans les deux narines. Il est possible de réduire la fréquence des respirations à moins de deux à la minutes. L'expérience respiratoire devient absolument captivante pour le mental. Le pratiquant ralenti son souffle et écoute le son doux et régulier de l'air qui circule par une narine à la fois.

Indications: Nâdi Shodhana est approprié pour l'adepte possédant une liberté respiratoire équilibrée dans les deux narines et voulant expérimenter la subtilité du souffle constamment contrôlé, une narine à la fois. Cette respiration ne se fait jamais de façon forcée.

Les contre indications: Respirations trop courtes s'abstenir! Les techniques Viloma Ujjayi et Anuloma Ujjayi servent de préparation, si vous n'avez pas de plaisir à les pratiquer, vous n'êtes pas mûrs pour Nâdi Shodhana. Il est inutile de pratiquer cette technique lorsque lorsque vous êtes enrhumés. La subtilité ne s'obtient pas en forçant la respiration. Les personnes ayant le souffle court ou ayant des problèmes respiratoires chroniques devraient s'abstenir et pratiquer des techniques simples plus appropriées. Nâdi Shodhana n'est pas une cure respiratoire ni une technique magique, elle demande une certaine maîtrise avant de s'y aventurer.

Les astuces et trucs pour optimiser: Nadi Shodnahana joue pleinement son rôle de purification des Nâdis lorsque la respiration est aisée. L'adepte se concentre alors sur la sensation de l'air qui circule à petit débit dans une narine à la fois et écoute le subtil son de l'air qui entre et sort.

L'enseignement: Enseignez cette technique seulement si vous la pratiquez vous-même depuis un certain temps et enseignez la seulement aux élèves qui démontrent de l'intérêt pour l'aspect subtil du pranayama. On ne peut transmettre correctement cette technique que si on la pratique soit-même régulièrement.

Thérapie ou méditation ? Beaucoup vantée par toutes les traditions du yoga cette technique n'est pas tant puissante pour ses effets physiques que ses bienfaits subtils. D'avantage indiquée pour préparer une méditation que pour soigner un rhume, Nâdi Shodhana n'a pas de vertus curatives si le système énergétique n'est pas prêt pour cette technique. Par contre si le corps subtil et respiratoire de l'adepte est suffisamment préparé, la technique offre une possibilité de raffinement extraordinaire.

Anecdote: Je pratique régulièrement Nâdi Shodhana mais aujourd'hui je le fais à petite dose. Je me suis aperçu qu'en exagérant l'intensité, il se produit des effets parfois indésirables. Dans ma «jeune carrière» de yogi, j'avais décidé d'explorer au maximum les effets de Nâdi Shodhana. Ainsi j'en étais rendu à deux fois par jour jusqu'à 48 respirations avec des rythmes stricts tels 10.10.10.10. Dans ma vie à cette époque, tout était ultra contrôlé... même ma respiration. J'ai poussé à fond jusqu'à ce qu'un jour je m'aperçoive que plus rien autour de moi n'était vraiment à la hauteur. Il me semblait que tout n'était pas assez ponctuel et je trouvais que rien ni personne n'était suffisamment précis. N'étant pas heureux dans ce ressenti, je décidai de réduire l'intensité de mon pranayama et de revenir à des techniques plus douces laissant place à une certaine liberté. En peu de temps, le monde entier est redevenu normal. Ma vision des choses s'était rétablie au grand plaisir de ceux qui m'entourent. J'ai compris qu'on ne doit jamais exagérer les pranayama, même au profit d'une soi-disant recherche de la perfection. Même en yoga, c'est agréable de se sentir important mais c'est plus important d'être agréable.

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Daniel Pineault est enseignant et co-fondateur du YogaCentre à St-Hyacinthe. Il donne des ateliers spécialisés, est formateur certifié par le Krishnamacharya Healing & Yoga Foundation (KHYF) en Inde et reconnu par la Fédération Francophone de Yoga. Daniel perfectionne son approche par le pranayama, la consultation individuelle, les yoga sutras et le chant védique. www.leyogacentre.com

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